Divinement conscients et ravis de se voir
On n'ose respirer, nos jambes de coton
Nous suggèrent les bancs, on préfère s'asseoir
Qu'ils sont loin nos seize ans ! Et notre joue rosie
Les bouches affamées de deux adolescents
Ma main tremblante...Nos vingt ans évanouis !
Que les flammes d'enfer revigorent mes sens !
Tes façons sont celles d'un lycéen ronchon
Et tu te noies dans une phrase comme un sot
Ma voix, sur la portée, est à califourchon
Impuissante à causer, j'écorche tous les mots
Jugeant que notre esprit vagabonde, pervers.
Lorsque mes sourcils froncent mon air aimable
Plaçant nos pas sur des chemins impairs
Je souhaiterais me cacher sous la table
Or, nos doigts s'effleurent et ta main est gentille
Nous nous attendrissons, entêtés de la joie
Que laque le noir brillant de tes pupilles
Néanmoins on se détourne comme autrefois
Nos corps s'orientent, répulsifs, vers le lointain
De l'autre, rien ! Et l'allure somnolente,
Nos yeux évitent l'expressif, à tort, en vain...
Et je sais ta main électrique, ardente...
Je pourrais me moquer de toi et en rire
Mais je suis malheureuse de croire en du faux !
Je livrerai tout, même au-delà du pire...
Heureuse de savoir que mon rêve fût beau




