La mère orpheline
Les enfants étaient là, grandissant les soucis
La joie les entourait sans jamais de répit
Se disputant l'amour, les fruits et les jouets
Pleurant et grimaçant ou éclatant de rires
On a pendu la mère et ce fut même pire
On lui laissé la vie, la corde a cassée
La mère s'assoupit sur ses pensées entremêlées
De mélanges empoisonnés que lui lègue la science
Poursuivant un travail de tri pour démêler,
(Le repos refuse de l'atteindre) sa conscience
Pour elle et pour nous, c'est ce qu'il y a de mieux !
On a pendu la mère et on se sent glorieux
On lui a pris ses enfants, son âme et son sang
On a vidé la poupée molle de sa propre essence
Ce fut une bataille facile ! Contre elle on est cent !
Cent ! Et on s'endort tranquille avec bonne conscience
Pour elle et pour nous, c'est ce qu'il y a de mieux !
On a pendu la mère et on se sent sent glorieux
Mais sous cette fragile potence, étranglée à demi
Elle abandonne, son c½ur tyrannisé, son esprit engourdi
Elle cherche d'où tirer la volonté gagnante en Instance
Elle nous interroge, comment forcer sa renaissance ?
On a pendu la mère et on se sent glorieux
Pour elle et pour nous, c'est ce qu'il y a de mieux
Les démons et le diable c'est le mal qu'elle incarne
C'est évident pour tous puisque ça nous arrange
Débitant nos salades, on lui fait boire nos tisanes
La mère c'est le diable et nous sommes des anges
On a pendu la mère et on se sent glorieux
Pour elle et pour nous c'est ce qu'il y a de mieux
Facile la critique sans raison, le mensonge et les lois
Quand on la persécute, on ne s'occupe pas de soi
D'ailleurs ce qui nous répugne ce sont ses gestes
Beaucoup plus que nos erreurs et nos crimes indigestes
On a pendu la mère et on se sent glorieux
Pour elle et pour nous c'est ce qu'il y a de mieux
On a pendu la mère et ce fut même pire
On lui a laissé la vie, la corde a cassée
Je préfère en pleurer plutôt que d'en rire
Il n'y a qu'un jugement, l'ultime, le dernier
On a pendu la mère et la corde a cassée
On lui a laissé la vie, ce qui fut même pire